Quand les surfaces qui nous entourent deviennent antimicrobiennes
Professeur à l’Université Toulouse III - Paul Sabatier et chercheur au Centre d’élaboration de matériaux et d'études structurales du CNRS (CEMES), Marc Verelst est spécialiste de chimie des matériaux. Depuis les années 2000, il travaille sur des procédés d’élaboration de sphères creuses microscopiques. D’abord utilisées dans les écrans de télévision, elles sont aujourd’hui exploitées par la PME Pylote pour leurs propriétés antimicrobiennes. Une innovation dont le succès explose depuis l’arrivée de la pandémie de Covid-19, puisqu’il permet de rendre n’importe quelle surface destructrice du virus...
Marc Verelst obtient son doctorat au sein du Centre interuniversitaire de recherche et d’ingénierie des matériaux (Cirimat)
Des microbilles qui tuent les agents pathogènes
Le chercheur fournit des fabricants d’écrans français comme DG Tech ou Thomson Plasma, qui finissent toutefois par déposer le bilan face à la concurrence asiatique. Mais convaincu de la valeur de son procédé et pour continuer à l’exploiter, Marc Verelst crée en 2008 la start-up Pylote avec un ancien étudiant, Loïc Marchin, aujourd’hui président de la société. “Nous savions que, produite à partir d’oxyde de zinc et de ses dérivés, notre poudre céramique possédait des propriétés antimicrobiennes, explique t’il. Une fois insérées dans un matériau, les microbilles de céramique réagissent chimiquement au contact de l’oxygène et de la vapeur d’eau : elles génèrent la création d’espèces réactives de l’oxygène, elles-mêmes capables de détruire les bactéries, champignons et virus
Des adhésifs de décontamination
Puis avec l’arrivée du Covid-19 début 2020, tout s’accélère. La chasse aux agents pathogènes devient une priorité mondiale et les six collaborateurs de Pylote font rapidement tester leur procédé de décontamination sur le coronavirus. L’efficacité est prouvée et Pylote élabore avec la société Gergonne Industrie un premier produit commercial appelé Coversafe. “Cet adhésif, une fois collé sur les murs, les tables, les poignées de portes, transforme n’importe quelle surface en matériau antiviral”, appuie l’ex-conseiller scientifique et actuel actionnaire de Pylote. Le produit a même été certifié pour l'industrie aéronautique, via le développement de films adhésifs avec l'entreprise Adhetec. Ces produits sont déjà en cours de test sur les tablettes des passagers dans les avions de différentes compagnies aériennes. Enfin, plusieurs produits dérivés sont en cours de conception, comme des peintures ou des vernis antimicrobiens.
Fleur Olagnier
Journaliste scientifique