Choose France : ces deux scientifiques étrangers ont choisi le CNRS à Toulouse !
Le CNRS souhaite la bienvenue à Toulouse aux deux chercheurs qu’il a recrutés dans le cadre du dispositif Choose France. Le dispositif « Choose France » vise à accueillir et attirer en France des chercheurs. Elle leur offre la possibilité de poursuivre librement leurs travaux aux côtés de leurs collègues établis en France, en bénéficiant du dynamisme scientifique national et de moyens dédiés pour accompagner cette transition. Dans ce cadre, deux scientifiques étrangers d’excellence se sont installés dans deux laboratoires toulousains pour poursuivre leurs recherches. Voici leurs portraits.
Ivan Khaymovich – « Quantique : quand les imperfections deviennent la clé pour geler le temps »
Directeur de recherche CNRS de nationalité russe, Ivan Khaymovich travaille actuellement au laboratoire de physique théorique (LPT– CNRS/UT) à Toulouse. Cette unité de recherche est spécialisée en physique théorique, dont l’activité scientifique, structuré en quatre groupes, couvre un large champ de la physique moderne : agrégats, fermions fortement corrélés, cohérence quantique et physique statistique des systèmes complexes.
Les recherches d’Ivan Khaymovich portent sur les méthodes permettant d’empêcher la thermalisation dans les systèmes quantiques. Imaginez un glaçon plongé dans de l’eau chaude : au lieu de fondre, il conserverait sa forme et sa température. Ce scénario, impossible dans notre monde classique, devient envisageable à l’échelle quantique. En effet, il est possible de "figer" un système quantique hors d’équilibre en y introduisant des imperfections ou des impuretés, comme dans certains métaux. Ce phénomène s’explique par des concepts clés de la physique moderne : la rupture d’ergodicité, la localisation d’Anderson, ou encore la localisation à plusieurs corps. Ces mécanismes, étudiés pour leur rôle dans la stabilisation des états quantiques, révèlent comment le désordre peut paradoxalement préserver l’ordre à l’échelle microscopique. Ces avancées fondamentales ouvrent des pistes prometteuses pour le développement de matériaux et de technologies quantiques plus robustes, capables de résister aux perturbations thermiques.
Ivan Khaymovich, fraîchement installé à Toulouse, a choisi le CNRS à Toulouse pour plusieurs raisons professionnelles, mais aussi personnelles : « Le CNRS est une institution mondialement reconnue pour son excellence scientifique et son esprit. Après ma visite au Laboratoire de Physique Théorique à Toulouse en janvier 2025, j’ai compris que cet institut correspondait parfaitement à mes objectifs : il dispose déjà d’experts en analyse et en calcul numérique dans les domaines concernés, avec lesquels nous pouvons échanger des idées et nous enrichir mutuellement. Cela a rendu mon choix évident », détaille Ivan Khaymovich. Le dispositif Choose France, ainsi que la bourse locale TIRIS Blockbuster de Toulouse, ont été de réels atouts dans la construction du projet de carrière du chercheur.
« J’ai également choisi Toulouse, car la ville est magnifique à plusieurs égards. Pour les gens, très aimables et ouverts, mais aussi pour sa qualité de vie. Toulouse est une ville géographiquement proche de nombreuses opportunités (ski, mer, etc.). La Ville rose offre également de nombreuses possibilités intéressantes pour les enfants étrangers : école allemande, école internationale de Toulouse, clubs sportifs, performants, et de grandes écoles d’ingénieurs. Des perspectives parfaites pour l’épanouissement de ma famille », conclut le chercheur.
John Baker – « Explorer l’Univers invisible grâce aux ondes gravitationnelles »
Chercheur CNRS de nationalité américaine, John Baker travaille actuellement au laboratoire des 2 infinis (L2IT – CNRS/UT) à Toulouse. Les objets d’étude des chercheurs et ingénieurs du L2IT sont les deux infinis – l’infiniment petit et l’infiniment grand – et les relations entre les phénomènes qui régissent chacun d’entre eux.
Les recherches de John Baker s’inscrivent dans le cadre d’une mission spatiale ambitieuse portée par l’Agence Spatiale Européenne (ESA) : le Laser Interferometer Space Antenna (LISA), dont le lancement est prévu pour 2035. Cette mission révolutionnaire sera la première à observer l’Univers dans la bande des ondes gravitationnelles de fréquence millihertz, ouvrant ainsi une nouvelle fenêtre sur des phénomènes cosmiques encore inexplorés, comme les fusions de trous noirs supermassifs ou les systèmes binaires compacts. Ce projet est à la croisée de la physique fondamentale et de l’ingénierie spatiale de pointe.
Pour John Baker, le dispositif Choose France a été une réelle opportunité : « Mon départ des États-Unis s’explique d’abord par des raisons politiques et sociétales. Les orientations annoncées par l’administration Trump, notamment leurs conséquences directes sur les droits humains et les menaces qu’elles faisaient peser sur mes enfants, ont rendu notre maintien aux États-Unis impossible. Dès la fin de l’élection, j’ai donc entamé des démarches pour trouver un pays d’accueil offrant à la fois sécurité et opportunités professionnelles.
La France s’est imposée comme une évidence, non seulement pour son engagement scientifique, mais aussi pour son rôle central dans le projet LISA (Laser Interferometer Space Antenna), dirigé par l’ESA (Agence spatiale européenne). Mes collaborations de longue date avec des collègues français, ainsi que l’opportunité offerte par les programmes Choose CNRS et Choose France for Science, ont confirmé ce choix. La science, par nature internationale, m’a permis de poursuivre mon travail sans rupture, dans un environnement professionnel et humain bienveillant, en particulier à Toulouse. Si la science n’a pas été la raison principale de mon départ, elle a en revanche été déterminante dans le choix de la France comme nouvelle terre d’accueil. Je suis reconnaissant de l’accueil chaleureux réservé à ma famille et à moi-même à Toulouse », conclut le chercheur.