Gouverner les îles : territoires, ressources et savoirs des sociétés insulaires, XVIe- XXIe siècle

Résultats scientifiques Homme et société

« Gouverner les îles : territoires, ressources et savoirs des sociétés insulaires, xvie - xxie siècle» (Gouviles) est un programme de recherche pluriannuel sur les espaces insulaires, soutenu par de nombreuses structures de recherches1 , dont le Labex « Structuration des Mondes Sociaux » et le laboratoire toulousain France Amériques Espagne Sociétés Pouvoirs Acteurs2 . Il bénéficie par ailleurs du label scientifique du Réseau des écoles françaises à l’étranger (ResEFE). Il s’articule autour d’une équipe de vingt-sept chercheurs et chercheuses rattachés à dix-huit institutions en France, en Italie, en Croatie, en Espagne et en Argentine, avec une forte spécialisation en histoire et dans la perspective d’un dialogue interdisciplinaire avec les sciences du vivant.

FRAMESPA
Plan géométrique de l’île de la Galita vers la côte de Barbarie, levé par le capitaine Lazare Giove d’Ajaccio (redessinée par Barthélémy Benoist v. 1815)

© BnF, Division 7 du portefeuille 105 du Service hydrographique de la Marine

Si le thème des îles ne constitue aucunement une nouveauté historiographique, l’étude de ces espaces demeure liée à une perspective essentiellement monographique, souvent soucieuse de valoriser l’histoire, le patrimoine et l’identité locale d’une île donnée. Cette approche a tendance à voir l’île comme un microcosme, c’est-à-dire comme un « espace total » qui se suffit à lui-même ; une autre caractérisation courante est celle de l’île comme marge, c’est-à-dire comme un territoire isolé des « centres » politiques, administratifs, économiques ou encore culturels situés sur le continent (capitales, métropoles, etc.).

Depuis maintenant une vingtaine d’années, des travaux d’histoire connectée, de géographie sociale ou d’anthropologie historique nous incitent à penser différemment la place de ces îles dans le « tissu conjonctif » des espaces maritimes aux périodes moderne et contemporaine. Il s’agit notamment de réfléchir à la manière dont l’insularité elle-même n’est pas un état de fait invariable et transhistorique, dicté par le déterminisme géographique et les « lois de la nature », mais une condition qui évolue dans le temps et en fonction des dynamiques (politiques, économiques et sociales, mais aussi culturelles et environnementales) qui caractérisent ces espaces sur le long terme.

La vaste enquête collective au cœur du programme Gouviles entend ainsi interroger le gouvernement des milieux insulaires à la charnière de l’histoire sociale du politique, de l’histoire environnementale et de l’histoire des savoirs. Fondée sur une comparaison entre des terrains méditerranéens et des espaces situés sur toutes les grandes mers où la monarchie hispanique a eu juridiction, elle se singularise par un souci de considérer des cas représentatifs au cours d’une longue période allant du xvie au xxie siècle : Méditerranée occidentale, Adriatique et côtes balkaniques, mer Tyrrhénienne, mer Égée, côtes maghrébines, Canaries, espace caraïbe, archipel des Malouines et Philippines. Trois objets transversaux et connexes servent d’axes de recherche communs aux membres du programme : les territoires, les ressources et les savoirs insulaires.

  • 1L’École française de Rome (dont il constitue l’un des programmes scientifiques du contrat quinquennal 2022-2026), l’École française d’Athènes, la Casa de Velázquez, l’Università degli Studi di Palermo, l’Universitat Pompeu Fabra de Barcelone, l’Universidad Autónoma de Madrid, l’Universidad Nacional de Rosario, le Conseil national scientifique et de recherche technique d’Argentine (CONICET) et le réseau RIESGA.
  • 2Framespa - CNRS / UT2J

Contact

Mathieu Grenet
Enseignant-chercheur au laboratoire France Amériques Espagne Sociétés Pouvoirs Acteurs (Framespa - CNRS / UT2J)