La disparition des glaciers plus importante que prévue

Communiqué de presse Terre et Univers

Comment évolueront nos glaciers au cours du 21e siècle ? Dans une nouvelle étude parue le 5 janvier dans la revue Science, une équipe internationale, comprenant des scientifiques toulousains du Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales1 (LEGOS/OMP), révèle une perte de masse des glaciers plus forte que celle prévue jusqu’alors. Selon cette étude, la perte augmente de 14% à 23% par rapport aux précédentes projections, notamment celles ayant alimenté le dernier rapport du GIEC.

LEGOS
Projections de la disparition des glaciers en 2100 selon deux scénarios d’augmentation de la température moyenne du globe. Arrière-plan, Glacier Upsala, Patagonie

© Etienne Berthier / CNRS / LEGOS

La majorité des glaciers de notre planète est composée de petits glaciers, inférieurs à 1 km2. Ce sont les plus touchés par cette perte de masse. Ainsi, selon le scénario avec une limitation de la hausse des températures à 1,5°C, 49% des glaciers du monde, parmi lesquels tous les plus petits, sont malgré tout appelés à disparaitre d’ici 2100, provoquant alors une hausse de 9 cm du niveau de la mer. Dans cette hypothèse, les plus gros glaciers sont également impactés, sans pour autant disparaître. Si la hausse des températures atteignait les 4°C, petits et gros seraient touchés et 80% des glaciers seraient alors amenés à disparaitre, avec une élévation du niveau des mers de 15,4 cm.

Pour parvenir à ces résultats, les scientifiques se sont appuyés sur les observations d’une étude ayant quantifié les pertes de masse des glaciers du monde, généralisées et accélérées entre 2000 et 2019. Ces précédentes informations ont permis de calibrer le modèle mathématique, conçu dans le cadre de cette nouvelle publication, un par un pour les 200 000 glaciers présents sur Terre. De plus, le modèle prend désormais en compte des processus jusqu’alors non représentés, tels que les pertes de masse liées au vêlage d'icebergs et l’effet d'une couverture de débris en surface du glacier. Les pertes de masse des plus grands glaciers, comme ceux d’Alaska, de l’Arctique canadien ou autour de l’Antarctique, clefs pour la montée future du niveau des mers, pourraient encore être limitées avec la mise en place de mesures pour contenir l’augmentation des températures.

  • 1Tutelles : CNRS, CNES, IRD, UT3

Bibliographie

Global glacier in the 21th century: Every increase in temperature matters, Rounce, D. R., Hock, R., Maussion, F., Hugonnet, R., Kochtitzky, W., Huss, M., Berthier, E., Brinkerhoff, D. J., Compagno, L., Copland, L., Farinotti, D., Menounos, B., and McNabb, R. W., Science, 6 janvier 2023

Contact

Etienne Berthier
Directeur de recherche CNRS au Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS/OMP - CNRS, CNES, IRD, UT3)
Simon Leveque
Chargé de communication CNRS Occitanie Ouest - Relations presse