Médailles de bronze CNRS 2026 : 2 lauréats de la circonscription Occitanie Ouest récompensés
La médaille de bronze récompense les premiers travaux consacrant des chercheurs et des chercheuses spécialistes de leur domaine. Cette distinction représente un encouragement du CNRS à poursuivre des recherches bien engagées et déjà fécondes. En 2026, deux scientifiques implantés en Occitanie Ouest reçoivent cette médaille.
Sophie MEURET, chercheure CNRS au Centre d'élaboration de matériaux et d'études structurales (CEMES)
Observer comment la lumière jaillit de la matière, à l’échelle de quelques nanomètres et durant quelques nanosecondes : tel est le défi de Sophie Meuret. Spécialiste de l’interaction entre électrons et semi-conducteurs au Centre d’élaboration de matériaux et d’études structurales (CEMES, CNRS), à Toulouse, la chercheuse au CNRS développe des techniques de microscopie électronique capables de suivre ces phénomènes en temps réel. En mesurant notamment le temps qui s’écoule entre l’excitation d’un matériau par un électron et l’émission de lumière, elle accède aux mécanismes en jeu dans les interactions entre atomes, électrons et photons. Ses recherches contribuent ainsi à relier les propriétés optiques des matériaux à leur structure.
Outre des applications potentielles pour les LED, les nano-lasers ou les sources de photons uniques, ces travaux donnent lieu à des transferts technologiques vers des instruments de microscopie électronique de nouvelle génération. Des avancées qui reposent sur un travail collectif indispensable dans son travail et qu’elle affectionne particulièrement, de la conception des instruments à l’élaboration des matériaux.
Maxime DEREX, chercheur CNRS à Toulouse School of Economics - Research (TSE-R)
Maxime Derex, chargé de recherche CNRS au laboratoire TSE-Recherche (TSE-R), a commencé par la philosophie, puis basculé vers la biologie.
Son parcours explore le contraste entre nos limitations individuelles et nos accomplissements collectifs qui structure aujourd’hui toute sa recherche. Son sujet : la culture cumulative, processus par lequel connaissances et technologies s'améliorent de génération en génération. En laboratoire, il recrée ce processus cumulatif sous forme de chaînes de transmission : chaque participant améliore une solution et la passe au suivant. Il découvre ainsi que les solutions peuvent s’améliorer au fil des générations, sans que la compréhension individuelle ne progresse. La complexité peut donc émerger sans être comprise. Une conclusion qui bouscule certaines interprétations archéologiques sur les outils de nos lointains ancêtres. Autre paradoxe : trop de connectivité dans une population nuit à l'innovation. Quand une solution prometteuse apparaît, tout le monde converge et l'exploration s'arrête.
Aujourd'hui, Maxime Derex se concentre sur l’étude des processus à l’œuvre dans les innovations radicales – celles qui rompent avec l'existant et dont rien, avant leur apparition, ne laissait présager l'émergence.